25/10/2003

pulp friction

 

 

10 juin 2030  ; 02  :00

Après nos petites enquêtes chacun de notre côté, nous nous retrouvons et nous faisons le point. La récolte a été intrigante mais plutôt maigre. Notre curiosité est principalement piquée par une réflexion faite à Golem, au sujet d’un club de boxe nommé le "  Skully Fighting Club  ". Des fans d’ X-files sans doute.

On est parti. Direction Skid Row, un quartier qu’on a déjà pas mal arpenté ces dernières 48  h... Nous arrivons sur les lieux. La rue consiste en un alignement d’entrepôts, certains abandonnés visiblement. Bref, le niveau de salubrité standard du quartier. On repère notre baraque grâce à l’enseigne miteuse peinte sur la face, au-dessus d’une grande porte à double battant fermée par une chaîne. A droite, des fenêtres brisées obturées par des planches.

On se gare devant (de toute façon, impossible d’être plus discrets avec nos bagnoles de service). Tout a l’air fermé, pas un son, pas de lumière, pas un chat (quoique...), rien. Schultz suggère d’exploser la porte, mais l’équipe, gagnée par la maturité acquise lors des deux jours passées ensemble, optent pour des méthodes policières plus complexes : téléphoner pour se renseigner. Schultz grommelle un juron et se défoule en lançant un concours de pets avec Carter.

Le coup de téléphone s’avère assez intéressant : le Skully Fighting Club appartient à un certain Henry Fields, ni plus ni moins qu’un membre des SWAT. A-t-il un lien avec Hower  ?

Via la centrale, il nous est facile de contacter l'intéressé. Leno prend les choses en main et entreprend de cuisiner le SWAT. On apprend alors que depuis quelques mois, Hower fréquentait le club, où il venait avec quelques potes. Fields n'avait rien remarqué d'anormal à leur sujet, mais il faut dire que vu le quartier, il ne devait pas dénoter des masses.

Voici peut-être une occasion de découvrir l'identité des petits camarades d'Hower, d'autant plus que... Fields tient à jour un fichier des membres. Sûr de son coup, Leno s'empresse de demander ce fichier à Fields. Lequel, à bien sûr, des réticences à faire si peu de cas de la vie privée de sa clientèle. Leno manque de s'étrangler, lui qui croyait qu'en tant que membre des COPS, tout lui était dû. Fields explique, en gros, qu'il nous communiquera le fichier si nous faisons une demande avec une dérogation. Bref, c'est pas parce qu'il est flic aussi qu'il ne faut pas faire les choses dans les règles.

Les informations livrées par ce fichier des membres promettent d'être intéressantes. Nous passons les coups de fil nécessaire et dans la demi-heure nous sommes en mesure de demander à Fields de nous rejoindre au club pour nous montrer le fichier.

Le temps qu'il arrive, nous sortons fureter un peu autour du bâtiment, micro branché. Schultz et Carter, qui entre-temps sont passés à un match féroce de pierre-papier-ciseaux, restent dans la voiture. A droite du club, l'espace étroit le séparant du bâtiment voisin est encombré de sacs poubelles en tout genre que Jinx enjambe allègrement pour se faufiler jusqu'à l'arrière du bâtiment. Moi-même me dirige vers la gauche où sont alignés quelques containers. Leno s'arrête pour mater une cadillac tunée qui passe dans la rue au ralenti. A l'arrière, Jinx découvre une entrée de garage, visiblement fréquemment utilisées par des véhicules lourds. Quant à moi, mes narines fines sont offusquées par une odeur brutale qui remplit tout le passage. Bientôt je remarque sur le sol une traînée noire et visqueuse, qui semble provenir d'un des containers. Ai-je regardé trop de films d'horreur ? Cette trace me fait furieusement pensé à du sang séché. En grande quantité. Je sais aussi, grâce aux mêmes films, que le gars qui part tout seul pour examiner ce genre de truc se fait généralement trucider. J'appelle Golem, toujours occupé à son bain de lune sur l'avant du bâtiment.

Impatient d'étrenner son joujou laser et ses balles explosives, il fonce sur le container. J'observe à distance respectable. Je le couvre, quoi. Il ouvre directement le container. Je vois à sa tête qu'il a failli se gerber dessus instantanément et je me félicite d'avoir fait appel à lui. Apparemment, le container est plein d'animaux morts en charpie. Le premier choc passé, Leno prend son investigation à cœur et rentre dans le container pour fouiller dans le merdier. Comment arrive-t-il à supporter la puanteur? Il retourne tout dans tous les sens, et retrouve au fond du container des cadavres de pit-bull et de taureau. Quand il ressort de là, il est enduit de jus de pourriture d’entrailles. Gød dåmmet !

On revient vers la voiture. Je respire par la bouche. Jinx s’arrête apparemment pour pisser près des poubelles. A ce moment-la, Fields, un bête de muscle, s’amène en camionnette. Il descend et se dirige vers Leno et moi. Il n’a pas du voir Jinx.

" Alors, c’est vous qui voulez voir le... Putain, c’est quoi cette odeur ? "

" Ça t’ dérange, mon gros ? " rétorque Leno.

A ce stade, je savais que ça allait mal tourner. Le gars vient, en fin de compte pour nous filer les informations comme convenu, en toute légalité, et voila que Golem prend la mouche et s’excite sur un type de fois plus gros que lui. Il commence à l’accuser d’avoir des trucs louches dans ses poubelles, à le traiter de con et à lui dire de magner son cul d’ouvrir les portes de sa baraque minable sans quoi il était en état d’arrestation.

J’étais abasourdi. Golem le menaçait alors qu’on allait savoir tout ce qu’on voulait. Dire qu’on aurait plus apprendre des tas de choses par ce type, en y allant finement... Mais le mal était fait et à présent il fallait plutôt limiter les dégâts. Bon sang, Leno, arrête ton cirque !

Furieux d’être traité comme un sac à merde, Fields perd son sang-froid et s’en prend à Golem qui ramasse tout dans la jambe.

Je me dis que ça devrait le calmer, mais non, l’animal sort sa pétoire ! Fields le voit aussi et lui bloque le bras.

" Putain, c’est quoi ce dingue ? S’il n’arrête pas avec son flingue, je l’envoie à l’hosto, ce guignol ! "

J’aime pas trop les balles perdues, surtout explosives. En plus, on aura plus rien de ce type si on se bat tous avec. Ou si on crève dans une bagarre. La manière de s’en sortir était de désamorcer la situation. Je prend l’arme de Leno et je la fous en poche. Je tente de calmer tout le monde. Le gars, hors de lui, n’a pas encore lâché Leno. C’est à ce moment que Jinx est intervenu. Il avait entendu que ça tournait au vinaigre, et sans prendre le temps de fermer sa braguette, il s’était rapproché en douce, juste pour poser son flingue contre la nuque du gars. L’incident était enfin clos.

Inutile de dire que Fields ne peut plus voir Leno en peinture. Il accepte de nous donner ce qu’on voulait, mais seul Jinx rentre avec lui dans le club. Fields n’est pas d’humeur. Il donne une copie du fichier, et ciao. Mêmes les perches subtiles tendues par Jinx (" alors comme ça vous aimez la boxe ? ") restent infructueuses. Enfin, on a la liste des membres, c’est déjà ça.



15:37 Écrit par Gunnarsson | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

OUT ... Très bon texte !!
A toi l'honneur dorénavant !
:))

Écrit par : JAAG | 25/10/2003

Gnut... fais gaffe... t'as un point rouge sur le front.


(j'dis ça j'dis rien)

Écrit par : JiNkS | 25/10/2003

sympa les cousins. Ca gaze les filles ?

Écrit par : Golem | 25/10/2003

excellent ca démarre fort, génial....continue comme ca
J ai bien ri :))

Écrit par : mj | 26/10/2003

ta cousine tu me présente quand ta cousine? elle joue aussi d'un instrument?
La flute ou le double axe?
:/

Écrit par : sniper | 26/10/2003

waiting is hard vivement la suite.......

Écrit par : mj | 27/10/2003

Silence dans les places à 5 francs! Oh, dites, il me semble qu'un feuilleton, c'est une fois par semaine, non?

Écrit par : Gnut | 27/10/2003

sacré Suédois Une fois par semaine, c'était avant la perestroika ça !
Le temps de laisser le mec descendre de son bexon pour permettre aux courroies du générateur de refroidir.

Écrit par : Golem | 27/10/2003

ca y est c est aujourd'hui......enfin mon feuilleton....ah.........

Écrit par : mj | 01/11/2003

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